Tokyo
Tokyo se vit par quartiers, comme des villes cousues ensemble. La vapeur des yokocho sous les rails, le silence des sanctuaires à huit heures du matin, les néons qui remplacent le jour. On en est repartis avec des carnets pleins — et ces adresses, testées une à une, qu'on se répète comme des mantras.
Manger
Huit places, un comptoir, le chef qui cuisine à trente centimètres. Okonomiyaki, brochettes, curry udon — le meilleur dîner du Japon, sans débat.
Le plus ancien sukiyaki de Tokyo — 1870, plus vieux que la tour Eiffel. Salle tatami privée, hôtesse en kimono, wagyu trempé dans l'œuf battu. Une cérémonie. Réserver.
Tempura familiale au batter aérien, le maître aux fourneaux devant vous. Arriver à midi pile — la file fait partie du rituel.
Kissaten de 1938 restauré, tatamis à l'étage. Le petit-déjeuner d'avant le monde moderne, dans le Tokyo des chats et des cimetières.
Dormir
Petite maison à l'écart, entre Ueno et Asakusa. Le Tokyo résidentiel et silencieux — celui qu'on ne montre pas assez.
Base parfaite côté est : Kuramae à pied, la Yamanote au coin de la rue. Simple, net, imbattable.
Faire la fête
Deux cents bars de six places dans six ruelles. Commencer chez Albatross — velours rouge, lustres, whisky japonais — et finir où la nuit décide. Cash uniquement.
Les lanternes et la fumée des yakitori sous les rails. Un verre au comptoir de Nogataya, chez le vieux couple, avant de plonger dans Kabukichō.
Le sunset le plus vertigineux de la ville. Tokyo Tower d'un côté, le Fuji si le ciel veut bien. Réserver, arriver avant 19h.
Shopping & perles
Le plus grand marché aux puces de Tokyo — 500 stands sur l'hippodrome, 80 % de Japonais. Kimonos, céramiques, appareils photo. Venir tôt, cash en petites coupures.
Le carnet sur mesure : couverture, papiers, reliure, gravure le jour même. Et tout Kuramae — le Brooklyn de Tokyo — autour.
La boutique photo culte. Ricoh GR introuvables en Europe, Contax vintage, conseils d'orfèvre. On y entre curieux, on en sort équipé.
Le vintage Disney signature de Shimokita, au milieu du quartier aux cent friperies. Prévoir la place dans la valise.
La plus belle librairie du monde, trois pavillons posés dans les arbres. On y perd deux heures sans le vouloir.
Rencontres & rituels
La forêt en pleine ville, les torii géants en cyprès, l'allée des fûts de saké. Y être à 8h30, avant tout le monde — le gravier qui crisse, et rien d'autre.
Le tunnel de torii vermillon, version secrète de Fushimi Inari (1705). Les azalées au printemps, le silence toute l'année.
Le temple et la tour dans le même cadre — les deux Tokyo en une image. Y aller pour la photo, rester pour le calme.
Pieds nus dans l'eau, au milieu des lumières. Réserver, y aller à la nuit tombée, se laisser avaler.
Pas encore
Tokyo attend sa pièce. Quand elle naîtra, elle sera ici.
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